Les Montcelliens engagés dans le 5ème Régiment de Dragons

Les maquisards du Bassin Minier engagé au 2ème Bataillon du Charollais dans les maquis de Marizy, du Rousset ou de la Grande Verrière eurent la possibilité de s’engager dans la nouvelle division alpine créée par le Général De Lattre de Tassigny.

 

Pourquoi une division alpine ?

L’invasion par le débarquement de Provence du 15 août 1944 impliquait une remonté rapide de la Vallée du Rhône afin de se joindre aux anglo-américains dans les combats du nord Est, en Alsace, dans les Vosges et dans les Ardennes. Comme pour les poches de résistance allemandes de l’Atlantique, les Alliés laissèrent le soin aux FFI de libérer les Alpes, de protéger la frontière franco-italienne et de contre-attaquer éventuellement. Les anciens ouvrages fortifiés de la Ligne Maginot étaient alors de véritables bastions défendus par des troupes allemandes  et italiennes.

 

C’est avec l’objectif de poursuivre la lutte dans les Alpes que le 29 septembre le nouvellement nommé « Commando de Montceau les Mines », sous les ordres du capitaine Benoît (Mercier) part pour le front. Après la présentation au Commandant Ferrant (De la Ferté) à Chapareillant, le commando devient, le 2 octobre, le 2ème escadron du GRDIA (Groupe de Reconnaissance de la Division d’Infanterie Alpine) de la 1ère division Alpine.

Le 10 octobre, l’escadron s’installe à la Chapelle de Saint Guérin. C’est lors d’une patrouille menée par le Capitaine Mercier que le premier contact avec l’ennemi est pris. La patrouille s’en sortira sans dommage.

Le reste du mois d’octobre sera une période d’entraînement et de manœuvre avant le départ pour Albertville le 4 novembre. Le lendemain, l’escadron présenta les armes devant le Général De Gaulle. Le soir même les hommes s’installèrent à Arèches pour un nouveau temps d’instruction.

Le 10 décembre, la division devient 27ème Division d’Infanterie Alpine. Le GRDIA devient quant à lui 5ème Régiment de Dragons. Les Montcelliens, sous les ordres du Capitaine Benoît, forment le 2ème escadron. Le 16 ils partent pour la maison forte de Roseland (1475m) à pied dans la neige pour y relever le 1er escadron ( Capitaine Albrecht).

Le lendemain de Noël, un incendie ravage la maison forte sans faire de victime, mais un beaucoup de matériel est perdu.

L’escadron est évacué sur le hameau de Fontanus sur la route de Beaufort.

Le 25 janvier, le Général Molle commandant la 27ème DIA passe en revue le 5ème Régiment de Dragons qui comprend désormais 4 escadrons (le 1er, Capitaine De Biensan, le 2ème, Capitaine Mercier, le 3ème Capitaine Chalan Belval et le 4ème, Capitaine Guyot).

Le 14 février, le régiment part pour les Basses Alpes et est accueillis par les salves des canons de 75 du 69 RAM (Régiment d’Artillerie de Montagne) qui prépare une offensive à laquelle le 5ème Dragons devra participer. Néanmoins l’assaut est annulé.

Le lendemain, les Montcelliens relèvent un bataillon du 99ème Régiment d’Infanterie au fort de Tournoux. Ce fort d’un modèle très ancien défend la Vallée de l’Ubaye et fait face aux ouvrages de Saint Ours et de la Roche la Croix aux mains de l’ennemi.

La première moitié du mois de mars est marqué par les patrouilles pris à parti par l’ennemi et par celles victimes des champs des mines. (le Montcellien Kubala fera parti de ces victimes).

Ainsi le 15 mars l’ordre est donné de déminer le terrain quotidiennement. Plus de 500 mines seront relevées.

Entre le 4 et le 20 avril,  l’escadron est relevé par le 159ème Régiment d’Infanterie.

Le 21, le 5ème Dragons, mais aussi, le 159ème, le 99ème, le 147ème RI, ainsi que l’artillerie du 69ème RAM et de la DFL(Divion de la France Libre) et quelques éléments du Génie sont réunis au Fort de Tournis. Le lendemain une grande offensive doit avoir lieu pour anéantir la résistance ennemie dans les forts de la Vallée de l’Ubaye.

Le lendemain, les soldats fondent sur les forts, et aux prix d’un combat acharné ils l’arrachent aux mains de l’ennemi. Malgré la dureté des combats, le 5ème Dragons ne perd qu’un seul soldat bléssé.37 soldats allemands et italiens sont fait prisonniers. Les jours suivants, la vallée est nettoyer et l’ennemi est hors des frontières de France.

Le 5ème dragons s’installe alors dans les casernes du Fort de Roche la Croix puis rejoint Chambéry le 30 avril.

 

Bien qu’en temps normal les régiments de Dragons soient dotés de moyens mécaniques blindés importants (tanks, engins chenillés…), le 5ème Régiment de Dragons a combattu jusqu’au 1er mai sans un seul de ces engins. C’est à cette date que le matériel tant attendu arrivera. Le 8, la capitulation allemande est signée. Après de long mois d’attente, le Régiment sera envoyé en Autriche, dans la région de Kiel, afin d’y assurer le rôle de troupe d’occupation.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site